Mine de culture(s) est dans la Voix du Nord d’aujourd’hui!

Avec « Mine de culture(s) », Suzie apporte sa pierre à la métamorphose de l’image d’Hénin

PUBLIÉ LE 21/02/2013 – MIS À JOUR LE 21/02/2013 À 02:32

Par La Voix Du Nord

| LE VISAGE DE L’ACTUALITÉ |

Depuis quelques semaines, la grande toile, habituellement tellement déprimante lorsqu’il s’agit d’évoquer Hénin-Beaumont, a vu naître une petite bulle d’optimisme. C’était un blog, cela devient petit à petit un vrai site internet, nommé « Mine de culture(s) », se voulant la vitrine (alléchante) des initiatives culturelles héninoises. La génitrice de cette belle idée s’appelle Suzie et déborde d’envies d’inverser la tendance actuelle stigmatisant tout ce qui est « made in Hénin ». Rencontre.

 Depuis peu, ce bel outil a fait son apparition sur la toile.

PAR PASCAL WALLART

henin@info-artois.fr

Hénin-Beaumont, elle n’y a pas vu le jour puisque toute sa jeunesse s’est passée à Lens. C’est bien plus tard que Suzie Balcerek a découvert la ville en venant s’y installer. Et en s’y sentant bien dans un environnement culturel paradoxalement aussi riche qu’il a souvent bien du mal à rayonnerextra muros. D’où l’envie légitime de faire mieux connaître les atouts locaux et redorer ainsi le blason d’une ville où l’on vit depuis trop longtemps en sifflotant au quotidien l’air de la mauvaise réputation. Sa méthode ? Po-si-ti-ver en offrant un kaléidoscope d’initiatives locales, d’interviews d’artistes et acteurs de la vie culturelle héninoise… tout en n’oubliant pas le terreau des traditions (d’où le jeu de mots autour de la mine).

Une bonne claque aux vilaines idées reçues, en somme… « Ça faisait longtemps que j’avais cette idée dans un coin de la tête. Et à partir du moment où j’ai trouvé le nom du site, tout est allé très vite… En dehors des interviews et du reflet de la vie culturelle locale, j’ai aussi voulu que ce lieu devienne un espace-ressources artistique…  » Et c’est vrai qu’entre deux interviews de Michel Quint ou de Christelle Moquet, un compte-rendu du concert de Candye Kane à l’Escapade et une présentation de l’univers de Naoya Hatakeyama (photographe japonais qui donne sa vision des terrils), on retrouve sur le site un appel à candidature pour un projet culturel héninois ou une présentation des peu connues AMACCA (associations pour le maintien d’alternatives en matière de culture et de création artistique). Une boite à outils autant qu’un catalogue de compétences derrière laquelle Suzie s’est complètement effacée : « Le but n’était surtout pas de me mettre en valeur, ce qui polluerait mon message… »

Lutter contre la déculturation

La prochaine étape, pour enfoncer le clou, pourrait être la création d’une association « Mine de culture(s) » pour développer un côté participatif. « On peut imaginer de faire naître des projets autour de l’éducation à la lecture… » En attendant que le site fasse des petits, le travail de Suzie est avant tout autour d’une volonté de réhabilitation : « Travaillant à Lille, j’ai vu des habitants, grâce à Lille 2004, devenir fiers de leur ville. Et ce qui me mine c’est de voir, qu’ici, les gens ont peu à peu perdu cette notion de fierté de leur territoire.

En tant que média, je pense avoir un rôle à jouer dans cette valorisation d’image. Ici, on a l’impression que les combats politiques l’emportent sur tout et ont été super destructeurs. Et pourtant, il y a dans cette ville des lieux de rencontres, comme l’Escapade ou La Belle Anglaise, qui participent à la diversité culturelle du territoire et prouvent que culture et commerce peuvent faire bon ménage… » Une quasi-croisade que commence la jeune internaute avec, en ligne de mire, « le combat contre la déculturation des gens qui est aujourd’hui assez phénoménale et qui explique pourquoi tant de personnes éprouvent des difficultés à s’ouvrir à l’autre ! » Bonne chance !

… t

http://www.minedeculture.com

Candye Kane

Concert de Candye Kane à l’Escapade d’Hénin-Beaumont

Avec Candye Kane, la belle vague blues a fait des ravages à l’Escapade

Par la rédaction pour La Voix Du Nord, Publié le 03/02/2013 – Mis à jour le 03/02/2013 à 03:42

Par La Voix Du Nord

| SPECTACLE | L’écoute et l’attention auront été grandes depuis les gradins de l’Escapade, jeudi soir,

 Candye Kane, une personnalité haute en couleur a séduit le public de l'Escapade.
Candye Kane, une personnalité haute en couleur a séduit le public de l’Escapade.

Là où le courant captivant du blues sera bel et bien passé entre Candye Kane et la petite centaine d’amateurs, des connaisseurs comme des curieux… Premières notes d’abord avec les voisins des Back to the Roots, pour coller d’entrée à l’humeur de la soirée. Le public, plongé dans le recueillement, aura apprécié le ton confidentiel sur lequel Alain Augustyniak et ses fidèles compagnons de scène auront évolué.

Puis, ce fut au tour, très vite, de l’Américaine de célébrer à sa guise la couleur blues. La miss, venue de Californie, la cinquantaine à peine franchie, aura brassé tous les airs, du timbre propre au genre delta blues pour que sonne la mélancolie, jusqu’au mode plus enjoué et chaloupé du calypso, jouant les effets dansants. À ses côtés, c’est une virtuose de la gratte qui épate, connue pour être « la » référence féminine, de « la même trempe et d’une classe égale au légendaire Stevie Ray Vaughan », nous révèle, pendant le concert, le spécialiste ès blues. Rien qu’à l’entendre chatouiller ses cinq cordes, nos oreilles reconnaissent volontiers le génie, identifié sur une flopée d’accords et d’envolées dans les décibels.

La chanteuse est aussi cataloguée pour son passé parfois tumultueux, alors elle y va de ses petites tranches de vie, telles des pauses rappelant le parcours tortueux au micro entre deux morceaux, pour mieux exorciser les souffrances ou traduire sa rage de vivre, la joie et les sourires qui l’emportent malgré tant d’épisodes difficiles à oublier… De là aussi venait l’âme du blues et certaines odes à l’amour dans son récital. Les claps de main et claquements de doigts illustraient bien à quel point le plaisir acoustique, dans les rangs des mélomanes, avait été total. •L L. P. (CLP)

© Naoya Hatakeyama, Terrils, Editions Light Motiv

Terrils, Naoya Hatakeyama, Editions Light Motiv

© Naoya Hatakeyama, « Terrils », Editions Light Motiv

© Naoya Hatakeyama, « Terrils », Editions Light Motiv

Photographe japonais né en 1958, Naoya Hatakeyama est un photographe réputé.

Dans Terrils, ses clichés où les éléments naturels sont très présents (eau, terre, charbon, ciel…) sont composés de manière très précise. Les éléments climatiques (lumière, neige…) donnent un effet de texture surprenant sur les terrils, et un regard neuf sur ces fantômes géants du passé minier.

Les Terrils de Loos en Gohelle deviennent des sortes de Mont Fuji, et revètent un aspect mythique à travers le regard du photographe.

La lumière est extraordinaire et tantôt irréelle…

Le sentiment d’intense sérénité qu’elles nous évoquent nous ferait presque oublier que la trace de l’homme, minuscule, dans la composition.

Ce magnifique ouvrage est le fruit de sa résidence dans le Nord, en collaboration avec les très inventives éditions Light Motiv ©.

Et pour continuer d’admirer ses sublimes photos, voici le lien vers l’article sur Mediapart

http://www.mediapart.fr/portfolios/les-montagnes-tombees-du-ciel